Vie de couple : Le respect mutuel des droits évite les conflits

Quand les femmes ont une occupation, elles se consacrent à leur travail. Quand elles ont l’accompagnement de leurs maris à travers le respect de leurs droits et un soutien conséquent, elles arrivent à relever les défis pour le bon fonctionnement du couple. Bakog Naaba est originaire de Manga. Participant à la rencontre d’échanges sur les violences, il estime que si chacun connaît sa place et assume ses responsabilités, la vie est paisible. La rencontre est organisée par le Réseau ouest-africain des associations et ONG de lutte contre les violences basées sur le genre (ROAO-LVBG)  et Diakonia, du 18 au 19 août 2026 dans la même localité.

Bakog Naaba a déclaré être fier de prendre part à cet atelier auquel participent d’autres personnes venues de loin, Gaoua, Bobo, Nahouri, Ouaga, etc. Chacun a donné son point de vue sur le bon fonctionnement du pays, la nécessité de faire en sorte que les hommes et les femmes puissent travailler ensemble, sans distinction. Les femmes doivent également pouvoir exercer les mêmes métiers que les hommes, sans discussion ni débat, afin qu’ils puissent s’entraider.

Naaba dit avoir été marqué les défis de l’éducation en famille, s’engageant ainsi, de retour dans sa communauté, à mieux faire pour que tout ce qui a été dit lors de la formation soit appliqué.

Il a aussi souligné le fait que la notion de genre et droits des femmes/filles est un peu complexe et crée des confusions au sein de la population. Certains ne comprennent pas le sens. D’autres le comprennent de travers. D’office, les femmes ont tendance à exagérer par rapport aux privilèges qu’offre ces mots allant parfois, jusqu’à créer des tensions dans les foyers.

Selon lui, si les hommes et les femmes ont tous une bonne compréhension de la question, ils pourront mieux s’entendre. Mais, si la compréhension se limite à un seul niveau, cela devient un peu compliqué.

« Nos grands-parents disaient que si quelqu’un boîte, c’est parce que ses deux pieds n’ont pas la même longueur. C’est justement pour cela qu’il boite. De la même manière, si les hommes et les femmes comprennent tous la situation, il n’y aura pas de problème », explique-t-il.

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L’aide dans les travaux ménagers doit être un acte volontaire

A en croire Naaba, certaines femmes abusent du soutien que leurs conjoints leur offrent. Sinon, il n’est pas interdit d’aider sa femme. Mais le problème, c’est que le jour où cette dernière ne reçoit pas l’aide qu’elle attend, cela devient autre chose. Pourtant, ça ne devrait pas fonctionner ainsi. Il faut simplement de l’entente.

Il fait remarquer qu’au temps de leurs grands-parents, lorsqu’un mari travaillait au champ et qu’il s’arrêtait un moment pour aller chercher de la terre et la ramener à la maison, sa femme venait à sa rencontre pour l’aider à porter la charge. Pendant ce temps, elle avait déjà préparé de la farine écrasée et mélangée à de l’eau, comme une boisson, qu’elle lui réservait parce qu’elle savait qu’à cette heure-là, il aurait faim. Mais aujourd’hui, ce n’est plus vraiment le cas.

« Tu peux arriver à la maison sans trouver ta femme. Elle est sortie et tu ne sais même pas où elle est allée. Tout cela crée des problèmes. Sinon, en tant que femme mariée, tu dois écouter et respecter ton mari. Mais, si tu refuses de le faire, lorsque tu auras besoin de son aide, il peut être difficile pour lui d’accepter  donner un coup de main », détaille ce père de famille.

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La photo de famille

Les activités génératrices de revenus, une bonne alternative

Aussi, de nos jours, les hommes refusent de laisser leurs femmes travailler ou exercer une activité génératrice de revenus. Pourtant, « Une seule main ne peut pas ramasser de la farine », dit un adage.

Il argumente que ceux qui refusent ne le font pas toujours sans raison. Il y a des femmes qui, une fois qu’elles commencent à travailler et à avoir leurs propres revenus, ne s’occupent plus de leur mari. Elles n’ont plus le temps pour leur conjoint et ne le considèrent plus comme avant. C’est comme si la maison leur appartenait, désormais. C’est pour cette raison que certains hommes interdisent à leurs femmes de travailler. Certains connaissent déjà le comportement et le caractère de leur femme avant même qu’elle commence à travailler et préfèrent donc, prévenir ce genre de situation.

Bakog Naaba rappelle qu’il a quatre femmes. Après chaque saison des pluies, il leur donne des revenus pour qu’elles puissent faire du commerce, notamment la vente des condiments. Il a même creusé un forage pour elles parce qu’il trouve qu’elles souffrent avec la vente des condiments, alors que les bénéfices ne sont pas considérables. Mais, avec de l’eau en permanence, elles pourront faire du jardinage comme elles veulent. Les gens viendront directement acheter leurs marchandises. Elles pourront donc, produire et vendre en même temps.

« Je trouve que c’est plus rentable ainsi. Cependant, imaginez que vous aidiez quelqu’un de cette manière et que cette personne ne veuille pas vous respecter ou vous écouter ! C’est difficile », précise-t-il.

Creuser un forage coûte très cher. Toutefois, Naaba l’a expérimenté. Après une première tentative sans trouver de l’eau, tout l’argent mis dedans a été une perte. Sans se laisser décourager, il réessaie. La deuxième tentative a été la bonne. Toutes les dépenses se sont élevées à plus de quatre millions de francs CFA. « Pourtant, je suis un simple cultivateur. Donc, elles doivent également reconnaître que nous, les hommes, nous faisons des efforts pour les aider. Mais, lorsque vous aidez une personne qui est ingrate, c’est difficile. Elle peut finir par croire que c’est vous qui aidez-là, qui êtes l’idiot », déplore-t-il.

Avant de boucler nos échanges, il a tenu à remercier les organisateurs de cette activité et souhaité que leur travail aille de l’avant sous la protection divine.

« Ils nous ont fait du bien en nous donnant des connaissances. Si c’était de l’argent, nous l’aurions dépensé ou consommé en un rien de temps. Mais, ces connaissances resteront pour toujours » signifie-t-il.

Françoise Tougry

 

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