Au restaurant universitaire de Ouagadougou, des femmes travaillent et s’activent dès les premières heures de la matinée pour préparer et servir les plats à des centaines d’étudiants. Chaque jour, entre déstockage, fumée, chaleur des fourneaux, travail et engagement leur quotidien révèle une réalité à la fois ordinaire et extraordinaire.
Il est 7h du matin, des claquements de marmites et des bruits d’ustensiles se font entendre à travers les fenêtres du restaurant universitaire de Ouagadougou. Ce 6 mars 2026, dans la cour encore calme, certaines femmes sont déjà à manches retroussées. Dans les cuisines, des marmites sont déjà au feu, pendant qu’elles lavent les légumes et les passent au feu. Dans ce restaurant où des centaines d’étudiants mangent chaque jour, tout doit être prêt à temps.
Pour Ganette Konangue, cuisinière depuis 26 ans, la journée commence très tôt. « A 4h, je me réveille pour faire le ménage, faire la vaisselle, balayer la cour, nettoyer ma maison, etc…. Pour être à l’heure à 6h. L’heure à laquelle débute le travail », explique-t-elle. Entre la cuisson du riz et la gestion des grandes marmites, elle reconnaît que le travail demande beaucoup d’effort physique.
Non loin de la cuisine, Gouem née Zowera Diasso, magasinière de fonction, veille à la gestion des stocks et à l’approvisionnements des denrées. Elle nous explique son rôle. « J’assure la réception des produits, les sorties et les approvisionnements en produits frais et secs. Par exemple, pour les denrées alimentaires comme le riz, le haricot, le spaghetti l’approvisionnement se fait en hebdomadaire. Pour les légumes, elle se fait en trois jours et pour les protéines comme la viande, le poisson, l’approvisionnement est journalier », souligne- t-elle.
De son coté, Alimata Sawadogo, 37 ans, protégée de la tête au pied par une charlotte, une blouse, des gants et un cache-nez veille à la préparation des produits laitiers tel que le dêguê, le lait, la bouillie, etc. Chaque jour, elle doit s’assurer que tout est prêt et servi selon les quantités et conditions d’hygiène requises. « Il faut être très attentive aux mesures et à l’hygiène. Un petit oubli peut gâcher la préparation ou rendre le service difficile. Chaque préparation demande attention et précision », explique- t-elle.
Pourtant, malgré cette organisation, le travail n’est pas sans difficultés. Les coupures d’eau et d’électricité ainsi que l’indisponibilité du gaz rendent le travail compliqué. En effet, l’eau étant indispensable, Alimata nous explique que pendant les coupures, elles envoient d’autres personnes, chercher de l’eau dans des fûts jusqu’à Zogona, Puis, elles les déchargent et lorsqu’il y a manque de gaz, le travail devient une course contre la montre. « C’est difficile de travailler dans ces conditions », souligne Alimata. En dehors du restaurant, elle nous Alimata fait face à la pression du quotidien et le manque de temps envers sa famille. « Je commence ma journée à 4h du matin et tout le long de la journée, je suis au travail. Ce qui joue sur l’éducation de nos enfants et sur leur épanouissement », déclare-t-elle.
Malgré ces difficultés, dans ce restaurant universitaire, se cachent des motivations et des passions qui les poussent à continuer. Cette jeune dame, Ganette parvient à subvenir à ces besoins et à prendre en charge la scolarité de ses deux enfants. « Ce qui me pousse à continuer dans ce travail, ce sont mes enfants. Je dois m’occuper d’eux parce que je suis fille mère » indique-t-elle. Quant à madame Gouem qui travaille dans la restauration universitaire depuis 2014, c’est une histoire de passion.
Déterminées à relever le défi, ces femmes ne se découragent pas. Elles gardent l’espoir d’un lendemain meilleur. Comme conseils aux filles-mères et femmes, elles demandent d’être résiliente et de ne pas abandonner face aux difficultés de la vie. Elles rappellent également l’importance d’apprendre d’autres métiers et de faire face à la pression sociale.
Pour ces héroïnes qui se lèvent tôt, qui sont toujours entre deux fourneaux, entre deux quotidiens, la persévérance et la résilience demeurent des clés pour avancer et construire son avenir.
Jolivette Mboumba
Farida Konaté
Queen Mafa .net


