SECRICO 2026 : Quand la critique explore la profondeur des Étalons d’Or de Yennenga

Ouagadougou abrite la 8ᵉ édition de la Semaine de la Critique du cinéma de Ouagadougou (SECRICO), placée sous le thème « Étalons d’Or de Yennenga, éléments d’émulation dans le cinéma burkinabè ». Réunissant universitaires, cinéastes et professionnels des médias, cette édition a mis en lumière, la richesse des chefs-d’œuvre du cinéma africain, à l’instar de Tilaï de Idrissa Ouedraogo.

À quelques mois de la biennale du cinéma africain (FESPACO), la SECRICO s’affirme comme un cadre majeur de réflexion et de renforcement des capacités pour les journalistes culturels. L’objectif est d’apprêter les journalistes pour le Fespaco à venir, affûter leur plume et approfondir le regard porté sur les œuvres cinématographiques du continent. Au cœur des communications, le film Tilaï de Idrissa Ouédraogo, Grand Prix du Jury à Cannes en 1990 et Étalon d’Or de Yennenga en 1991.

Enseignant, Dr Jacques Barro de l’université Nobert Zongo de Koudougou a proposé une analyse comparative entre Tilaï et la pièce théâtrale tragique Phèdre de Jean Racine.

À travers l’étude des actes de langage, promesses non tenues, ordres, conseils et prédictions, Dr Baro a montré comment l’échec de la parole constitue le moteur central de la tragédie amoureuse dans ces deux univers. « Dans ces œuvres, la réaction face à la parole donnée ou interprétée ne permet pas d’éviter le drame. Mais, y conduit inéluctablement », a-t-il souligné.

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Comme l’a dit Kougouri à son frère Saga dans Tilaï, « Tu m’as mis la honte. Tu avais promis de ne plus remettre les pieds ici ». C’est ainsi qu’il a fini par tuer son frère comme le voulait la tradition. Ce passage du film montre à quel point, la parole donnée est importante et qu’il faut la respecter peu importe, les circonstances. Il a fait l’objet d’analyses approfondies sous plusieurs prismes théoriques développés par Dr Ignace Sangaré.

 Dr Ignace Sangaré dans son allocution s’est intéressé à la matrice narrative et à l’hybridation formelle du récit.

En s’appuyant sur la morphologie du conte, il a démontré que le film transpose l’architecture du conte oral moaga à l’écran. « Tilaï (le devoir, la loi coutumière en langue Moore) pose la question de la transgression et du rétablissement de « l’ordre communautaire », a-t-il expliqué.

Selon l’enseignant-chercheur, Idrissa Ouédraogo ne se contente pas de raconter une histoire, il redistribue les fonctions traditionnelles du conteur dans le langage propre au cinéma à travers le cadrage, l’économie du dialogue, le rythme des silences et l’usage de la savane comme espace.

 

Abraham Bayili. Au fil du temps, la SECRICO a intégré deux innovations majeures dans son organisation cette année.

Selon le président Abraham Bayili, président de l’association des critiques de cinéma du Burkina, deux innovations majeures marquent cette 8ᵉ édition. La SECRICO continue de faire évoluer son concept pour répondre aux exigences de la critique moderne d’expression.

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L’une des innovations, l’association des journalistes de la presse écrite, audiovisuelle et en ligne aux côtés des universitaires et des professionnels du cinéma montre leur ambition d’outiller les professionnels de l’information pour produire des critiques de films plus poussées lors du prochain FESPACO.

Une autre innovation est le centrage sur les films burkinabè ayant remporté l’étalon d’or de Yennenga au FESPACO à savoir Tilaï en 1991, Buud Yam en 1998 et la danse des scorpions au FESPACO passé.

Un choix bien apprécié dont l’objectif est de montrer que le cinéma burkinabè regorge de talents et que des cinéastes ont déjà inscrit leurs noms.

Cette édition est axée sur les œuvres ayant remporté la plus haute distinction du FESPACO, reconnues pour leur quintessence artistique. En combinant les diffusions des films avec communications théoriques, ateliers pratiques de rédaction d’articles et séances d’analyse critique, la SECRICO 2026 confirme son rôle indispensable dans la promotion d’un regard critique exigeant sur le cinéma burkinabè et africain.

Fadima Cissé stagiaire

 

 

 

 

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