« Être une femme avec le cerveau d’un homme » : Tacha Paré ouvre le miroir des injustices faites aux femmes

Cette semaine, dans notre rubrique Maux et mots de femmes, nous vous emmenons découvrir « Être une femme avec le cerveau d’un homme », de Natacha Paré. Elle est journaliste, présentatrice-télé et entrepreneure. Connue sous le pseudonyme de Tacha Paré, elle fait partie de ces femmes qui, par leur courage, dénoncent les injustices faites aux femmes et appellent à leur émancipation. Dans son œuvre  l’auteure s’intéresse notamment aux stéréotypes qui façonnent dès l’enfance notamment la place accordée aux filles et aux garçons, la pression sociale, les obstacles auxquels les femmes sont confrontées lorsqu’elles cherchent à s’affirmer et à prendre leur place.

Dans un monde où la femme a longtemps été considéré comme le sexe faible, ou elle s’est vue rabaisser, limiter et juger, plusieurs écrivaines se sont engagées à se prononcer sur ces maux et à les combattre.

L’homme et la femme sont éduqués différemment

Dès l’enfance, les différences de traitement entre filles et garçons leur attribuent des rôles bien précis. Pendant que les filles sont préparées aux responsabilités domestiques, les garçons bénéficient de plus de liberté. A cet effet, Tacha Paré écrit :« Aucune mère n’enseigne à son fils comment être un bon mari ou un bon père. L’homme a été éduqué comme un prince. Il rentre de l’école à la même heure que ses sœurs. Mais, pendant que ces dernières aident dans les tâches ménagères, lui rejoint ses amis au terrain de foot ou est forcé à prendre sa douche et commencer à réviser ». Ce passage montre que les inégalités ne commencent pas à l’âge adulte. Elles sont construites progressivement, à travers l’éducation, les habitudes familiales et les attentes différentes que la société nourrit envers les filles et les garçons.

Entre harcèlement et préjugés, le prix de l’indépendance

Pour Tacha Paré, l’un des principaux obstacles à l’émancipation féminine réside dans les préjugés qui entourent les femmes intelligentes et indépendantes. « Les hommes veulent des femmes manipulables. Être indépendantes et intelligentes ne les arrange pas. Pour eux, une femme intelligente et indépendante est forcément arrogante ». Ce passage démontre l’excuse que les hommes utilisent pour pouvoir manipuler les femmes à leur guise. Ils font croire que l’intelligence et l’indépendance n’est réservé qu’aux hommes et que celle de la femme est une menace.

journaliste, présentatrice-télé et entrepreneure.

Cette volonté qu’a la femme d’être indépendante se heurte aux difficultés du milieu professionnel. Les plus récurrentes sont le harcèlement sexuel et les propositions indécentes auxquelles certaines femmes peuvent être confrontées dans leur parcours professionnel. Il est illustré à travers ce passage : « Certains responsables ont osé me dire : tu peux réussir, tu as tout pour réussir. Mais, il faut que tu cèdes. J’ai un faible pour toi et cela pourrait t’aider à booster ta carrière. J’ai décidé de mettre en place ma propre structure pour m’offrir moi-même du travail et être indépendante ».

En plus du harcèlement, il y a le risque de se voir ralentir si toutefois, elles n’acceptent pas les propositions indécentes. Les compétences ne sont pas mises en avant. Mais, plutôt ce qu’ils peuvent tirer d’une femme sur le plan sexuel.

Une expérience personnelle, parmi tant d’autres tirée du vécu de Tacha Paré, face auxquelles, elle choisit de ne pas renoncer. Mais décide plutôt de créer sa propre structure afin de construire son indépendance. Elle reconnaît toutefois qu’il existe des exceptions car certaines personnes lui ont tendu la main sans rien attendre en retour. Une manière de rappeler que l’humanisme et la solidarité existent encore.

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Ne pas attendre qu’un homme construise son confort

Pour l’auteure, l’émancipation passe également par l’indépendance financière. Elle invite les femmes à ne pas faire de leur relation avec un homme, l’ultime solution d’accéder au confort ou à la réussite. « Il y a plus de plaisir à être un couple de “winners” qu’à être simplement appelée la femme de tel DG ou PDG. Le pire, c’est que nous donnons le pouvoir à certains hommes de nous rabaisser, de réclamer notre corps et notre dignité en échange de quelques liasses de billets ». Sur ces mots, l’auteure appelle ses paires à une prise de conscience collective car, ‘’La main qui reçoit est toujours en bas de celle qui donne’’, disait le vieux dicton. Ainsi, dépendre financièrement d’une personne peut donner à celle-ci, un pouvoir considérable sur nos choix, notre dignité et notre liberté.

Oser rêver grand, des modèles féminins qui montre que tout est possible

Les barrières à l’émancipation ne viennent pas toujours uniquement de l’extérieur. Certaines femmes finissent aussi par se limiter elles-mêmes. Elles ont grandi dans une culture qui leur a appris à ne pas déranger, à ne pas prendre trop de place et surtout, à ne pas rêver trop grand.

Le jour de la dédicace de son oeuvre

C’est pourquoi l’auteure à travers cette affirmation : « Être une femme avec le cerveau d’un homme, c’est refuser de croire que l’ambition est réservée aux autres. L’ambition n’a pas de sexe », invite les femmes à se départir des préjugés et à se donner le droit de rêver grand. Car le rêve, l’intelligence, la réussite et le leadership ne sont pas des privilèges masculins. Chaque femme devrait pouvoir poursuivre ses rêves sans se laisser décourager par les jugements et les attentes de la société.

Pour illustrer cette possibilité, l’auteure cite plusieurs femmes qui ont marqué l’histoire par leur leadership et leur engagement. Il s’agit de Malala Yousafzai, Ellen Johnson Sirleaf et Chimamanda Ngozi Adichie. À travers ces figures féminines, elle rappelle à ses paires que tout est possible et qu’elles peuvent, elles aussi, devenir des modèles pour les générations futures.

Pour Tacha Paré, il est crucial de construire une nouvelle identité féminine et cette reconstruction n’est possible sans ces trois piliers. ‘’D’abord, l’éducation, pour apprendre aux filles dès l’enfance qu’elles ont le droit de rêver grand. Ensuite, la confiance en soi, pour cultiver cette petite voix intérieure qui dit « je peux », même lorsque la société répète « tu ne peux pas ». Enfin, la solidarité entre femmes, pour apprendre à se soutenir, à s’encourager et à se relever ensemble, plutôt que de se juger ou de se limiter mutuellement.’’

Pour terminer, l’auteure a proposé plusieurs exercices sur les dernières pages du livre pour cultiver la confiance en soi. Tenir un carnet de ses réussites, apprendre à prendre la parole avec assurance, pratiquer le miroir positif, sont entres autres, les exercices prescrit par l’auteure dans Être une femme avec le cerveau d’un homme.

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« Une société qui limite ses femmes se limite elle-même »

A travers cette littérature engagée, Natacha Paré entend dénoncer les injustices que vivent les femmes, provoquer une prise de conscience pour les encourager à dépasser les limites que la société leur impose et celles qu’elles s’imposent elles-mêmes.

Son message final est le suivant : une femme peut être à la fois ambitieuse, intelligente, indépendante, leader, mère, épouse ou entrepreneure. Elle n’a pas à choisir entre sa féminité et ses ambitions car dit-elle’’ Femme, tu peux être tout ce que tu veux !’’.

Et peut-être que le véritable combat commence par l’éveil de conscience : faire en sorte que chaque femme comprenne qu’elle a le droit de rêver grand, de prendre sa place et de construire elle-même la vie qu’elle souhaite.

Latyfah Sawadogo stagiaire

 

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