La Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB), en partenariat avec le Réseau des parlementaires pour la population en santé et dévélopppement, a organisé une session de formation. L’objectif est de renforcer leurs connaissances sur l’hémorragie après accouchement, l’une des principales causes de mortalité maternelle au Burkina Faso, afin de favoriser un meilleur engagement des députés dans la lutte contre ce fléau. Nous avons tendu notre micro à Issouf Ouédraogo, membre de la Commission du genre, de la santé, de de l’action sociale et humanitaire de l’Assemblée législative du peuple (ALP). Il revient sur les enseignements tirés et réaffirme son engagement à contribuer à la lutte contre l’hémorragie du post-partum.
Pour Issouf Ouédraogo, cette formation a permis aux parlementaires de mieux comprendre les enjeux liés à cette urgence obstétricale. « Durant ces deux jours, nous avons pu comprendre ce que signifie l’hémorragie du post-partum, faire l’état des lieux, identifier les causes et réfléchir aux actions à mener pour réduire la mortalité maternelle liée à ce phénomène », a-t-il expliqué. Selon lui, les données présentées au cours de l’atelier demeurent préoccupantes, avec un nombre encore important de décès de femmes après l’accouchement. Face à cette situation, la SOGOB mène un plaidoyer en faveur de l’introduction d’un nouveau produit dans la prise en charge de l’hémorragie du post-partum. Pour Issouf Ouédraogo, les députés ont un rôle essentiel à jouer dans cette dynamique. « Nous pouvons être des porte-voix auprès du gouvernement afin que des mesures soient prises pour inverser la tendance. L’objectif est de tendre vers zéro décès lié à ce phénomène », a-t-il souligné tout en saluant les efforts déjà consentis par les autorités.
Si l’amélioration de la prise en charge médicale est indispensable, le député insiste également sur l’importance de la prévention. « Avant que la situation ne se produise, il faut d’abord la prévenir », affirme-t-il.
Pour lui, une meilleure sensibilisation des femmes et des familles permettrait d’adopter des comportements favorables à une grossesse et à un accouchement plus sûr, tout en facilitant le travail des professionnels de santé. Le député rappelle que l’information constitue un levier essentiel pour réduire les risques car une femme bien informée est davantage en mesure de reconnaître les signes d’alerte et de communiquer les informations nécessaires aux équipes soignantes.
Au-delà de son rôle de législateur, Issouf Ouédraogo entend s’investir personnellement dans la sensibilisation des populations. « Nous sommes des leaders d’opinion, des personnalités publiques. Notre message compte. Nous allons travailler autour de nous pour que les populations comprennent ce qu’est l’hémorragie du post-partum et adoptent des comportements responsables », a-t-il déclaré.
Il invite également les citoyens à éviter l’automédication en cas de complications après un accouchement et à consulter rapidement des professionnels de santé.
Enfin, le député s’est adressé aux femmes qui s’empressent de quitter les structures sanitaires après avoir accouché. Il rappelle que cette pratique peut empêcher la détection d’une éventuelle hémorragie. Il a souligné l’importance de respecter la période de surveillance après l’accouchement, durant laquelle les équipes médicales peuvent intervenir rapidement en cas de complication. « Si on a pu porter une grossesse pendant 9 mois, ce n’est pas 3 jours ou 6 jours qui vous dérangeront. Donc c’est vraiment demander à nos mamans, à nos tendres sœurs, à nos chéries, d’être à l’écoute des spécialistes et surtout, de suivre les orientations qui leur sont donné. », a-t-il insisté.
Latyfah Sawadogo stagiaire


