De l’amphithéâtre aux rues de Tenkodogo : Le courage de Adiaratou Pedehombga, une étudiante devenue vendeuse ambulante d’œufs

Titulaire d’un diplôme de baccalauréat et ayant suivi une formation professionnelle en pharmacie, Adiaratou Pedehombga peine malgré tout, à trouver du travail. Fille de la localité, elle refuse de croiser les bras et d’attendre qu’on lui tende la main. Déterminée à gagner dignement son pain quotidien et à se construire un avenir, elle se lance avec courage dans un commerce pas comme les autres : se promener dans la ville de Tenkodogo pour vendre des œufs bouillis, seau en main. Cette activité, elle est l’une des toutes premières personnes à le faire. Découvrons son parcours !

 Issue d’une famille de 6 dont 4 filles et 2 garçons, Adiaratou Pedehombga est arrivée à Tenkodogo pour l’école avec le rêve de devenir Sage-femme. Poursuivant ses études, elle arrive à obtenir son baccalauréat au lycée Tidonte de Tenkodogo en 2022.

Orientée à l’université Norbert Zongo de Koudougou en lettres modernes, elle abandonne son parcours universitaire par manque de moyens financiers.

Pour l’année 2023-2024, Adiaratou Pedehombga est inscrite à l’université Saint-Thomas d’Aquin pour une formation en pharmacie.

A l’issue de cette formation en pharmacie et suite à des stages, pendant près d’un an, aucun emploi à l’horizon ! Aucune opportunité d’embauche ! Que faire ? Après réflexion, elle décide, quelques temps après, de vendre des œufs, convaincue qu’il n’y pas de sot métier. Grâce à l’accompagnement d’une bonne volonté qui lui a permis de prendre ses tous premiers œufs à crédits, c’est le début de son commerce.

« Ce n’était pas facile. Je suis allée prendre une plaquette d’œufs avec quelqu’un. Elle m’a dit que si je vends et que j’arrive à avoir 3000 francs, de ramener ses 3000 francs. Puis, de prendre le bénéfice et travailler avec », explique-t-elle.

 

Adiaratou Pedehombga tenant les œuf en présence des clients

Apres deux jours de vente, Adiaratou fait un chiffre d’affaires de 100%. « J’ai eu un bénéfice de 3000. Je suis allée lui remettre ces 3000 francs. C’est avec ces 3000 francs que j’ai débuté》, confie-t-elle

Avec ce business, elle prend en charge sa famille qui est au village.« Quand j’ai débuté, j’étais la seule qui vendait les œufs. Maintenant, nous sommes plus de dix personnes », rappelle-t-elle.

Originaire de Soudougui, un département et une commune rurale située dans la province du Koulpélogo, Adiaratou Pedehombga est devenue un modèle de combativité.

Elle a environ un an d’expérience et ne compte pas s’arrêter en si bon chemin car cette activité lui permet d’occuper son temps et de subvenir à leurs besoins. « Aujourd’hui, quel qu’en soit le marché, je peux vendre au moins six plaquettes », informe-t-elle.

Adiaratou Pedehombga en train de vendre des œufs à Tenkodogo

Adiaratou a 28 ans. C’est avec fierté qu’elle continue son travail et se réjouit de voir d’autres filles, lui emboîter les pas. Elle reste la figure numéro 1 de ce métier informel dans cette localité.

« Tout ce que tu peux faire, sauf le vol, la prostitution, qui peut te permettre de prendre soin de toi, est franchement bien. Ce que j’ai à dire à mes sœurs, c’est que même avec 500 ou 1000 francs, on peut débuter un commerce », rassure-elle.

Avec beaucoup d’humilité, Adiaratou Pedehombga invite les jeunes filles diplômées ou pas à ne pas baisser les bras et à saisir chaque opportunité. Elle encourage également tout le monde à cultiver l’esprit de combativité, de persévérance et d’honnêteté.

Abdoulaye Ouédraogo

 

 

 

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