Réunies à Niamey du 7 au 9 juillet 2026 lors de la deuxième édition du Dialogue National Féminin élargie au Sahel, des femmes leaders venues du Niger, du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie et du Tchad ont scellé une alliance stratégique. Face aux défis sécuritaires et de gouvernance de la sous-région, elles ont adopté la « Déclaration collective d’engagement de Niamey » et annoncé la création d’une Coalition d’action temporaire. Leur ambition : transformer les recommandations en plaidoyers concrets et faire résonner d’une seule voix les priorités des Sahéliennes auprès des instances de décision. Queen Mafa vous propose de lire l’intégralité de ce texte fondateur.
PLAIDOYER POUR UNE PARTICIPATION EFFECTIVE DES FEMMES À LA GOUVERNANCE, À LA PAIX ET au DÉVELOPPEMENT DURABLE AU SAHEL.
Niamey, Niger 07 au 09 juillet 2026
À l’attention des autorités publiques et décideurs étatiques du Niger, du Burkina Faso,
du Mali, du Tchad et de la Mauritanie
Du 07 au 09 juillet 2026, des femmes leaders, représentantes d’organisations féminines du
Niger, du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie et du Tchad se sont réunies à Niamey à l’occasion de la deuxième édition du Dialogue National Féminin, élargi à la sous-région sahélienne, autour du thème :« Femmes nigériennes et du Sahel, actrices de gouvernance, de
paix et de développement durable »
À l’issue de trois jours de travaux, de partage d’expériences et de réflexion collective, les participantes appellent les autorités publiques et décideurs étatiques des pays représentés à agir autour de trois priorités majeures.
PRIORITÉ 1 : Garantir aux femmes une place effective dans la gouvernance et les
espaces de prise de décision
Malgré les avancées juridiques et institutionnelles enregistrées dans plusieurs pays, la participation des femmes aux espaces de décision demeure insuffisante et leur présence ne garantit pas toujours une influence réelle sur les orientations publiques.
Nous appelons les autorités à :
– Institutionnaliser la participation effective des femmes dans les réformes publiques, en garantissant leur implication dans l’élaboration, la mise en œuvre et l’évaluation des réformes
politiques, institutionnelles et administratives ;
– Renforcer l’application effective des cadres juridiques relatifs à la représentation des
femmes dans les espaces de décision, notamment les dispositifs favorisant leur accès aux fonctions nominatives et aux instances stratégiques de décision publique, en les assortissant
de mécanismes de contrôle ;
– Institutionnaliser des programmes continus et accessibles d’éducation civique, citoyenne et politique, afin de renforcer la connaissance des institutions, des droits et devoirs citoyens et des mécanismes de participation à la vie publique, avec une attention particulière
aux femmes ;
PRIORITÉ 2 : Faire des femmes des actrices pleinement reconnues et soutenues dans le processus de gouvernance, de paix et de sécurité
Dans l’ensemble du Sahel, les femmes jouent un rôle majeur dans l’alerte précoce, la
médiation, la prévention des tensions, le dialogue communautaire et la cohésion sociale. Pourtant, leurs contributions demeurent souvent informelles, et faiblement intégrées aux
mécanismes officiels.
Nous appelons les autorités à :
– Renforcer les mécanismes nationaux de suivi de la mise en œuvre des Plans d’action
nationaux relatifs à l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, et promouvoir un cadre sahélien
de partage d’expériences, de suivi des progrès et de valorisation des bonnes pratiques ;
– Inscrire dans les budgets nationaux des ressources publiques suffisantes pour la mise en œuvre effective des Plans d’action nationaux Femmes, Paix et Sécurité, avec des .mécanismes réguliers de suivi de l’exécution budgétaire ;
– Reconnaître officiellement et intégrer durablement les femmes médiatrices et leurs
réseaux dans les mécanismes publics de prévention, de médiation et de résolution des
conflits, en garantissant leur participation effective et les moyens nécessaires à leurs
interventions ;
PRIORITÉ 3 : Faire de l’autonomisation économique des femmes un véritable levier de développement
L’autonomisation économique ne peut se limiter à la multiplication de petites activités de subsistance. Les femmes doivent pouvoir accéder à l’éducation, au financement, aux marchés,
aux technologies, à l’industrialisation et aux opportunités de croissance.
Nous appelons les autorités à :
– Intégrer l’éducation entrepreneuriale, financière et numérique ainsi que les
compétences de vie dans les …


