Après deux jours d’échanges, de panels et de partages d’expériences, le Forum national des femmes et des filles a achevé ses travaux, ce vendredi 28 août 2026 à Ouagadougou. Organisé par le mouvement citoyen FEMIN-IN dans le cadre du projet « Voix de paix : les femmes et les filles, actrices de sécurité », le forum s’inscrit dans la dynamique de l’agenda Femmes, Paix et Sécurité. Cette dernière journée a été consacrée à la réflexion et à la construction d’actions concrètes.
La journée a débuté par un rappel des conclusions de la veille, à travers un exercice ludique. Le principe était simple : un ballon circulait entre les participantes et chacune devrait rappeler quelque chose qu’elle a retenu lors des échanges précédents lorsque le ballon lui était remis à la main. Une façon de faire facilement le point de ce qui a été vu auparavant, avant de continuer les travaux du jour.
Par ailleurs, les participantes ont ensuite été réparties en cinq groupes autour de plusieurs thématiques dont la participation, la protection, le financement, le leadership des femmes et des jeunes filles et la lutte contre les préjugés. La consigne était que chaque groupe devait partir d’un problème donné, identifier les changements souhaités. Puis, proposer des actions concrètes et des pistes de plaidoyers pour résoudre ce problème.

Par la suite, les travaux de groupe ont permis aux participantes de mettre en commun leurs idées et de réfléchir à des solutions adaptées aux réalités de leurs communautés. Chaque groupe a ensuite, présenté ses propositions en plénière.
Les différentes idées ont été discutées, amendées et validées de façon collective. Parmi les préoccupations soulevées figurent le renforcement de la prise en charge sociale des femmes survivantes de violences basées pas sur le genre et des femmes affectées par la crise sécuritaire, la nécessité de renforcer les structures d’accueil et l’accompagnement des femmes. Pour les participantes, l’État, les organisations de la société civile (OSC) et les associations doivent davantage travailler ensemble sur ces questions.
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Aux termes de ces travaux, une feuille de route commune a été officiellement adoptée. Elle doit servir de base aux actions de plaidoyer et aux initiatives que les participantes souhaitent mener dans leurs différentes régions.
Pour la Présidente du Conseil d’Administration (PCA) du mouvement citoyen FEMIN-IN, Annick Laurence Koussoubé, cette feuille de route ne doit pas rester un simple document. Elle doit permettre aux participantes de poursuivre le travail après le forum.
À cet effet, elle a invité les organisations présentes à commencer, chacune à son niveau, par les actions qu’elles peuvent réellement mettre en œuvre. Elle a également insisté sur l’importance de maintenir le contact entre les participantes et de faire du groupe créé à l’occasion du forum un véritable espace d’échanges et de collaboration, l’objectif étant de construire une coalition forte autour des questions de paix et de sécurité.

Interrogée après le forum, sociologue, experte en genre et développement, par ailleurs représentante de WILDAF-Burkina, Rasmata Derra affirme que ces deux jours ont été une occasion importante pour les organisations féminines de mieux comprendre la Résolution 1325 et l’état de mise en œuvre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité au Burkina Faso.
Elle estime que les échanges ont permis de mieux comprendre les difficultés liées au financement des actions et d’identifier des pistes pour mobiliser davantage de ressources.
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En ce qui concerne la feuille de route adoptée, elle considère qu’elle permet de dégager des actions concrètes autour de la participation, de la protection, du leadership, du relèvement et des partenariats. « La sécurité aujourd’hui est une affaire de tout le monde », a-t-elle rappelé. La sociologue a, par ailleurs salué l’initiative de FEMIN-IN d’avoir pu réunir des femmes et des jeunes filles venues de différentes régions du pays autour de la paix et de la sécurité.
Tous les amendements et propositions des participantes seront pris en compte dans le rapport final qui sera transmis au ministère de la Famille et de la solidarité pour leur faire le bilan des deux jours.
Aux termes du forum, les participantes repartent donc, avec une feuille de route issue des thématiques relevés par elles-mêmes, surtout avec la volonté de poursuivre les échanges et de transformer les engagements pris en actions dans leurs communautés. Une étape qui marque la fin de ces deux jours de rencontre. Mais aussi, le début d’un travail collectif en faveur d’une participation plus forte des femmes et des filles aux questions de paix et de sécurité.
Augustine Sawadogo stagiaire



