Au regard des défis sécuritaires auxquels, le Burkina Faso est confronté, le mouvement citoyen FEMIN-IN, a mis en place le projet « Voix de paix »: les femmes et les filles comme actrices de paix et de sécurité. À cette occasion, un forum a été organisé du 27 au 28 août 2026 à Ouagadougou. S’inscrivant dans la dynamique des agendas Femmes, Paix et Sécurité, cette rencontre a réuni, ce jeudi 27 août 2026 à Ouagadougou, 55 femmes et filles venues des 17 régions du Burkina autours des panels d’échanges pour renforcer leur participation dans les questions de paix et de sécurité.
Après la cérémonie d’ouverture, les échanges se sont poursuivis. Les deux premiers panels ont été animés par Wilfried Sebgo, un spécialiste en Genre, Paix et Droits humains. La première communication a porté sur les enjeux, les défis et les opportunités stratégiques pour une paix durable. Au cours de sa communication, il est revenu sur la résolution 1325 pour éclairer, une fois de plus, les lanternes sur ce sujet. Autour des enjeux liés à la paix et à la sécurité au Burkina Faso, il a insisté sur les quatre piliers de la résolution 1325 dont la prévention qui consiste à prévenir les femmes et les filles contre les effets néfastes des conflits. les autres piliers sont la protection et la participation des femmes et des filles (actrices de paix et de sécurité) ainsi que le relèvement.

A l’issue des échanges, le spécialiste a évoqué les enjeux liés aux FPS, tels que la stabilité, la visibilité et l’inclusion des femmes dans les prises de décision. Il considère que dans de nombreux endroits, la femme n’a pas droit à prendre une décision publique. À cet effet, il appelle les Organisations de la Société Civile à mener la lutte et faire un plaidoyer pour un changement durable. Pour ce qui est des défis, les obstacles socioculturels, les contraintes financiers ont été relevés comme les nerfs des problèmes des organisations burkinabè. Pour ce faire, Wilfried Sebgo insiste sur la sensibilisation et une formation poussées à l’endroit des femmes et des filles.
Comme perspectives de recommandations, il suggère le renforcement des capacités à travers les formations poussées, afin de créer une élite de femmes capables de concilier les choses sur tous les plans.
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Financer la Résolution 1325 : Où sont les ressources ?
C’est autour de cette thématique que s’est tenu le deuxième panel, animé toujours par le spécialiste en Genre, Paix et droits humains. Dans sa communication, il a évoqué la question de la problématique de financement en Afrique. Pour ce qui du contexte spécifique du Burkina Faso, l’ urgence sécuritaires et l’action locale ont été soulevées comme problèmes majeurs. Par ailleurs, Wilfried Sebgo, souligne que les défis majeurs du financement des FPS restent la fragilité financière, la concurrence budgétaire, l’accès limité des OSC locales.

À la suite des échanges, il a relevé la question des exigences des bailleurs en donnant des pistes sur les critères de sélection. Il a également mis l’accent sur des financements endogènes, les astuces pour identifier les bons bailleurs ainsi que des perspectives pour mobiliser les ressources et sécuriser les fonds. « L’état n’est pas un bailleur de fonds. Mais, il est très important de toujours travailler avec lui » a-t-il expliqué.
Un document numérique a été fourni à l’ensemble des participants par le panéliste pour leur permettre d’être mieux orienté sur certains aspects en lien avec les bailleurs de fonds, les financements et leurs conditions.
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Après le Plan d’action National Intégré – Femme, Paix et Sécurité (PANI-FPS) 2023-2025, : les priorités pour une nouvelle feuille de route nationale sont engagés. « Le même plan ne se décline pas de la même manière en fonction des localités », a souligné la spécialiste en Paix, Sécurité et Justice communautaire, Cendrine Nama, panéliste de cette thématique. Partie d’un partage d’expériences de plusieurs années de travail au contact des communautés, elle a rappelé la nécessité d’intégrer les nouvelles réalités dans la prochaine feuille de route, notamment les groupes de femmes dont la participation reste limitée. Pour elle, tous les acteurs doivent être pris en compte dans la question de sécurité.
Les différentes communications que nous avons suivies visent un même objectif : faire des femmes et les filles, des actrices de paix et de sécurité.

Au terme des échanges, les participantes ont eu l’occasion de découvrir les réalités des différentes localités à travers les partages d’expériences et les témoignages. Une initiative félicitée par la représentante de l’Association pour l’éducation des femmes et des filles du Gulmou, Reine Gaëlle Lankoandé. Elle affirme que la place accordée aux questions de paix et de sécurité des femmes et des filles leur permet de se sentir davantage prises en compte.

Originaire de la région de la Sirba et membre de l’association FIMBA à Bogandé, Alice Lankoandé s’est également réjouie des échanges. « En tant que membre d’une association, je compte mettre les connaissances acquises au service de ses activités de sensibilisation auprès des jeunes filles », a-t-elle déclaré.
Cette première journée a été un moment d’apprentissage et de partages d’expériences. Par ailleurs, tous les apports et recommandations des participantes seront pris en compte dans l’élaboration de la feuille de route du 28 août 2026.
Augustine Sawadogo stagiaire



