La grossesse est une période parfois, très difficile pour certaines femmes entre nausées, vomissements et même des hospitalisations. Mais, qu’en est-il de la santé mentale des hommes ? Comment vivent-ils ces moments ? Nous avons tendu notre micro à quelques hommes dans la ville de Ouagadougou pour recueillir leurs ressentis.
Ismaël Kiekieta, journaliste
À mon avis, la grossesse ne représente pas seulement une transformation physique et émotionnelle pour la femme, elle constitue aussi une période de fortes responsabilités pour l’homme.
Le futur père vit avec beaucoup d’émotions, notamment au moment de découvrir le sexe de l’enfant, tout en partageant la souffrance et les difficultés de la mère. Il reste également préoccupé par la santé de la mère et celle du bébé, avec la peur de complications pendant la grossesse ou l’accouchement.
Il doit parfois, gérer les caprices, les changements d’humeur et les besoins particuliers de sa partenaire, ce qui peut être éprouvant. À cela s’ajoutent les interrogations sur les futures charges financières et familiales. Tout cela peut créer stress et anxiété. L’homme aussi mérite donc écoute, compréhension et accompagnement.
Lamine Ouédraogo, commerçant
Lorsqu’on attend le premier enfant, on est attentionné, toujours au petit soin de son épouse, jusqu’à terme. Le jour de l’accouchement, c’est là qu’on se rend vraiment compte que ce n’est pas facile. Tu es crispé, stressé, tu peux même faire le tour de la maternité en une fraction de seconde (rires). Tu pries afin que tout se passe bien et quand on vient te dire que ta femme a eu la délivrance, là c’est une joie immense, intense qui fait place au stress.
À partir de la deuxième grossesse, on arrive plus à gérer les caprices comme à la première grossesse. Souvent, on réagit de façon virulente devant certains caprices avant de se ressaisir.
Quand ton épouse attend un enfant, c’est d’abord la joie. Mais, avec le temps, c’est l’anxiété quand on pense au moment de l’accouchement, la crainte de savoir si tout va bien se passer.
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Adama Traoré, agent dans la fonction publique

C’était vraiment éprouvant surtout que les deux premières grossesses de mon épouse étaient extra-utérines. Il faut dire qu’à la dernière grossesse de ma femme, je l’ai vécue dans le stress total vu que les deux premières grossesses étaient extra-utérines.
Donc, lorsque madame m’a annoncé la dernière grossesse, il y avait la joie. Mais aussi, la peur. À chaque rendez-vous avec le gynécologue, c’était toujours le stress et la peur de savoir que la grossesse va bien. Mais, pas toujours en bonne position. La peur de recevoir une mauvaise nouvelle empêche d’être soi même.
Elle a été plusieurs fois malade, hospitalisée et elle a fini l’accouchement par une césarienne. J’étais vraiment soulagée que ça ait été ainsi vu les deux dernières expériences. Vraiment, psychologiquement, c’est troublant surtout de savoir si la mère et l’enfant s’en sortiront.
Geoffroy Coulibaly, entrepreneur

Il y a la peur de ne pas être à la hauteur, le sentiment d’impuissance face à l’accouchement, surtout que tu ne sais pas si ça va bien se passer ou pas.
Il y a aussi le manque d’attention de la mère, le stress financier, la colère, disputes inutiles, les maux de tête…
Parfois, il y a le fait que l’on se sent abandonné par la famille.
Awa Traoré stagiaire



